Swipe to the left

Une petite histoire du cross country français.

Une petite histoire du cross country français.
Par Sylvain Bazin 20 décembre 2017 41873 Vues Aucun commentaires

Une petite histoire du cross country français.*

cross country

Le cross reste une discipline formatrice pour le coureur à pied. Elle rassemble encore, l'hiver venu, de nombreux adeptes et permets à des coureurs de différents horizons de se retrouver. Marathoniens, pistards, et même traileurs peuvent tout à fait tenter de galoper dans les labours.
Pourtant, si quelques grands cross populaires demeurent de beaux rendez-vous, la discipline n'a plus tout à fait le vent en poupe. Les championnats régionaux ont du mal à rassembler, et les meilleurs coureurs français peinent à exister dans un contexte international sur-dominé par l'Afrique de l'est.
À cet égard, les championnats d'Europe restent un beau rendez-vous qui permet encore aux européens de briller.

Jimmy Gressier et l'équipe de France espoirs masculine viennent ainsi de conquérir le titre continental à Samorin en Croatie.

Mais voici une petite histoire du cross country français avec une sélection des temps forts qui ont marqué chez nous l'histoire de cette discipline hivernale :

 

Jean Bouin

Au tout début du XXe siècle, l’athlétisme et le cross-country s’organisent. La première édition du cross des nations, futur championnats du monde (qui conservera cette appellation jusqu’en 1972), se tient en 1903, avec quatre nations britanniques.
La France y participe pour la première fois en 1907. Il faut attendre 1911 pour que Jean Bouin, la première star française à l’échelon internationale en demi-fond (recordman du monde du 10 000 m et de l’heure, vice-champion olympique du 5000 m en 1912) s’adjuge un premier titre tricolore. Le marseillais d’origine, coureur robuste et puissant, est vite au sommet de son art et poursuit sa moisson victorieuse en 1912 et 13.
Plusieurs titres de champion de France et de nombreux succès complètent son tableau de chasse en cross, qui aurait pu largement s’étoffer sans sa mort tragique, sur le front, en 1914.

Jean Bouin

 

Joseph Guillemot

Après la première guerre mondiale, c’est Joseph Guillemot, un petit gabarit venu du Limousin, qui reprend le flambeau laissé par Jean Bouin. Champion olympique du 5000 m à Anvers en 1920, devant l’immense Paavo Nurmi, il brille également en cross. Plusieurs fois champion de France, il est aussi champion d’Angleterre et remporte le cross des nations en 1922. Cette année là, la France remporte son premier titre par équipes!

Joseph Guillemot

Raphaël Pujazon

L’athlète d’origine espagnole Raphaël Pujazon est le meilleur demi-fondeur français des années de l’immédiate après-guerre. Le 3000 m steeple (où il devient champion d’Europe en 1946) et le cross sont ses meilleures spécialités. Il s’adjuge plusieurs titres de champion de France et deux victoires individuelles au cross des nations, en 1946 et 47.

 

Alain Mimoun

Alors que Pujazon semblait presque imbattable en France, voilà qu’un autre talent se révèle au tournant des années 50. Alain Mimoun, qui marquera durablement l’histoire de l’athlétisme français, conquiert son premier titre national en 1949 et gagne la même année le cross des nations. Il l’emportera encore en 52, 54 et 56, l’année de son titre olympique sur marathon, à 36 ans.

 

Jean Fayolle

Jean Fayolle, un excellent athlète sur 5 et 10 000 m, remporte un extraordinaire cross des nations en 1965 en s’imposant d’un souffle au sprint devant le britannique Batty. C’est la dernière médaille d’or individuelle à ce niveau pour les français en cross! 

Jean Fayolle

 

Equipe de France 1978

A Glasgow, c’est une équipe de France soudée, menée par Pierre Lévisse (10e en individuel), qui remporte sa dernière médaille d’or par équipe en date aux championnats du monde!
Annette Sergent et Paul Arpin 1987

C’est à Varsovie, en Pologne, qu’Annette Sergent écrit une des plus belles pages de l’histoire du cross français. Elle s’impose aux dépens notamment de l’américain Lynn Jennings, la grande spécialiste de l’époque, grâce à un long sprint qui lui permet de devancer la britannique Lynch et la norvégienne Ingrid Kristiansen, alors recordwoman du monde du marathon!
Chez les hommes, Paul Arpin accroche quant à lui la médaille de bronze. La dernière en date pour un français au niveau mondial.

 

Equipe de France hommes, 1992.

A Boston, dans la neige et le froid, les bleus brillent sur fond blanc. Thierry Pantel, 9e, Bruno Le Stum, 10e, Tony Martins 12e… un sacré tir groupé qui permet à la France de décrocher une médaille d’argent par équipes. C’est la dernière en date aux mondiaux.